Article « Les temps du blues » – 25 juin 2019

Nouveauté semaine copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Bo Diddley (rubrique « Un blues, un jour ») et Bob Corritore & Mighty Joe Milsap (rubrique « Nouveauté de la semaine »).

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© : Charles Marion Russell / Library of Congress / Wikipedia

Si vous le voulez bien, on s’arrête aujourd’hui sur un événement qui s’étale sur deux jours, les 25 et 26 juin 1876, la très fameuse bataille de Little Bighorn. Elle s’est soldée par une défaite mémorable des troupes américaines du général Custer face aux Amérindiens emmenés par les deux chefs Sitting Bull et Crazy Horse. En termes de géographie, la Little Bighorn est une rivière qui arrose le Wyoming et le Montana, et la bataille s’est déroulée dans ce deuxième État. L’histoire est très connue et bien documentée, je me contenterai ici des grandes lignes. Les Américains comptaient environ 700 hommes pour attaquer un camp de Sioux et de Cheyennes rassemblant entre 5 000 et 6 000 personnes, dont 1 500 à 2 000 guerriers. L’affrontement sera un désastre total pour les Américains qui subirent une cuisante défaite avec plus de 250 morts dans leurs rangs dont le général Custer. Malgré cela, la bataille n’eut pas un impact favorable sur la condition des Amérindiens. On peut même écrire qu’elle fut au contraire un baroud d’honneur pour une victoire aux conséquences négatives.

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© : José Maria Mora / Wikipedia

En effet, après la bataille, les Amérindiens éclatèrent en petits groupes et se dispersèrent, ce qui favorisa la répression à leur égard. Il y eut d’autres batailles que l’on rassembla sous le nom de « guerres indiennes », et qui aboutirent au massacre et à la déportation des Amérindiens, qui ne seront plus que 250 000 en 1890 sur tout le territoire, contre 600 000 en 1800. Venons maintenant à la musique. Un artiste célèbre a fait une chanson sur cet événement, c’est Bo Diddley avec Mr. Custer, dans laquelle il dit qu’il ne veut pas prendre part à la bataille, par peur d’y laisser la peau… En outre, l’histoire de ce morceau est intéressante, car il s’adresse aux adeptes de surf music, un genre sur lequel Diddley semble avoir aussi exercé son incroyable influence. Il est en effet tiré d’un album live de 1963 appelé « Bo Diddley’s Beach Party » (Checker, 1963), en gros la fête de Bo Diddley sur la plage ! Enfin, ce fut un des premiers concerts enregistrés avec de gros moyens, un camion transportant un véritable studio avec un équipement technique complet dont table de mixage multipiste… Je vous propose maintenant d’écouter dans mon émission ce fameux Mr. Custer de 1963.

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© : Discogs

 

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© : Bob Corritore

Pour la rubrique « Nouveauté de la semaine », on reste un peu dans un esprit que n’aurait pas renié Bo Diddley, surtout en termes de tempo et de rythme, avec Bob Corritore & Mighty Joe Milsap, même si nous allons écouter une reprise de Slim Harpo. Ceci dit, j’ai toujours pensé qu’il y avait bien des similitudes dans les musiques de Diddley et Harpo… Mais revenons à notre nouveauté, un album qui s’appelle « Do the Hip-Shake Baby! » sorti chez SWMAF. Comme il en a désormais l’habitude, Corritore fait appel à une cohorte d’invités pour l’épauler, dont Mighty Joe Milsap, Alabama Mike, Oscar Wilson, Henry Gray, Bill Howl-N-Madd Perry, John Primer, Sugaray Ford, Junior Watson, Kid Andersen ou encore Kid Ramos. Il m’est déjà arrivé d’exprimer ma circonspection à l’égard de ces réunions d’artistes dont les interventions peuvent se résumer à des défilés démonstratifs sans âme, un peu comme une mayonnaise qui ne prend pas.

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© : Amazon

Pourtant, avec l’harmoniciste Bob Corritore, ça marche à tous les coups ! D’abord, parce que ses invités sont aussi généralement ses amis et qu’il a l’habitude de jouer par ailleurs avec eux, il ne s’agit pas de simples rencontres ponctuelles sans lendemain ou opportunistes. Une caractéristique facilitée par la boulimie de l’artiste depuis maintenant quelques décennies… Mais ce n’est pas tout. Corritore lui-même a tout compris du blues et sait parfaitement éviter les pièges de la tentation à la démonstration. Et cette approche qui fait toute la différence, sans que je puisse nécessairement l’expliquer, il parvient à la transmettre à ses accompagnateurs. En fait, ces gens-là ne se posent pas de question, ils jouent et chantent le blues de façon naturelle et instinctive, ça paraît élémentaire mais pas assimilé par tout le monde… C’est pourtant la meilleure démarche. Pour illustrer cela, j’ai programmé dans mon émission Bob Corritore et le chanteur Mighty Joe Milsap, avec donc une reprise de Slim Harpo, Shake Your Hips.

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© : Bob Corritore

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