Calvin Newborn, la guitare en deuil

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© : Swing FM.

Jazz bien sûr, mais aussi blues et rock ‘n’ roll. Calvin Newborn, qui s’est éteint ce 1erdécembre 2018 à l’âge de 85 ans, incarnait la guitare, pas les étiquettes dont il n’avait sans doute que faire. Et s’il n’est pas si connu que ça de nos jours, il restera comme un passeur, un rassembleur qui a compté dès les années 1950. Né à le 27 avril 1933 à Whiteville, Tennessee, il fait preuve de précocité et débute en 1947 dans un groupe qui comprend aussi son père Phineas Sr. à la batterie et son père Phineas Jr. au piano. Guitariste au jeu de scène très spectaculaire dès l’adolescence, il apprécie l’ambiance de Beale Street à Memphis, ce qui lui vaut de côtoyer des formations de blues. Pendant quelques années, il apparaît ainsi sur les enregistrements de grands bluesmen de l’époque, dont B. B. King : sur le premier single du célèbre bluesman (Miss Martha King / When Your Baby Packs Up and Goes), gravé en 1949 pour Bullet, les trois membres de la famille Newborn sont présents ! Et on les retrouvera sur d’autres titres de B. B. les deux années suivantes.

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Les deux guitaristes sur cette image sont certainement Pee Wee Crayton (à l’extrême gauche) et Calvin Newborn (au centre). © : The Grestsch Pages.

À peu près à la même époque, Calvin Newborn entre aussi dans la « sphère » du label Sun de Sam Phillips et élargit sa palette au rock ‘n’ roll. Il aurait influencé Elvis Presley, surtout en termes de jeu de scène et de déhanchements suggestifs… En 1951, il part en tournée avec Jackie Brenston qui vient de réaliser Rocket 88 avec Ike Turner : ce dernier lui aurait appris à conduire, et en échange, Newborn l’aurait initié à la guitare. De façon plus inattendue, Howlin’ Wolf aurait aussi pris des leçons de guitare auprès de Calvin Newborn. Et Newborn fréquente d’autres bluesmen de passage qui se caractérisent aussi par leur dynamisme et leur éclectisme, dont Pee Wee Crayton et Clarence « Gatemouth » Brown, avec lesquels il se livre à des « batailles de guitares » mémorables. Outre Jackie Bresnton (huit titres de 1951 sur la compilation « The Mistreater » chez Rev-Ola Bandstand), il poursuit sa carrière en studio avec des bluesmen, en premier lieu en juin 1951 quand il accompagne l’harmoniciste Big Walter Horton sur quatre titres : Black Gal, Hard Hearted WomanJumpin’ Blues et Go ‘Long Woman. Viennent ensuite en 1952 le chanteur Tiny Kennedy (toujours de ce monde à 92 ans…) avec cinq titres, Sherman « Blues » Johnson avec quatre titres, enfin Ike Turner avec deux titres. Cette liste démontre combien Calvin Newborn s’est impliqué dans le blues au moment où cette musique se démarquait des courants ruraux traditionnels pour évoluer vers un style moderne qui connaîtra très vite son apogée, notamment à Chicago.

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En 1996, Calvin Newborn a également publié As Quiet As It’s Kept! The Genius of Phineas Newborn, Jr. (The Phineas Newborn Jr. Family Foundation).

Calvin Newborn va ensuite s’installer à New York dans les années 1950 pour faire les belles heures de grands musiciens de jazz d’Earl Hines à Sun Ra en passant par Lionel Hampton, Count Basie et David « Fathead » Newman (mais aussi Ray Charles et plus tard Linda Hopkins), pour ne citer que les plus illustres. Je ne m’attarderai pas ici sur cette partie de sa carrière, fort bien évoquée par Christophe Mourot dans son hommage publié sur le site de Soul Bag, que je vous invite évidemment à lire.

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