Article « Les temps du blues » – 3 avril 2019

Blues in France copie

Au programme de mon émission sur YouTube ,Howlin’ Wolf (rubrique « Un blues, un jour »), et Bobby Rush (rubrique « Blues in France ») à l’occasion de l’inauguration du Musée européen du blues.

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© : Biography

Je tenais aujourd’hui à consacrer un peu de place à Carter Godwin Woodson, qui nous a quittés le 3 avril 1950 à 74 ans. Cet Afro-Américain né le 19 décembre 1875 à New Canton en Virginie, fils d’anciens esclaves, sera historien, écrivain et journaliste, et il est souvent considéré comme le père de l’histoire des Noirs aux États-Unis. Pourtant son enfance est difficile, il n’échappe pas au travail aux champs et manque l’école, ses parents analphabètes étant peu soucieux de son instruction. Il devra donc quasiment se débrouiller seul, en autodidacte, mais comme il est doué, il se rattrapera de façon spectaculaire et suivra de brillantes études supérieures, décrochera plusieurs diplômes et deviendra même le deuxième Noir à obtenir un doctorat à l’université d’Harvard, en 1912.

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© : History

Comme il enseigne déjà depuis quelques années, il a pu constater que l’histoire des Afro-Américains n’a pas fait l’objet d’études et de recherches approfondies, qu’elle est sous-représentée dans les autres cultures et qu’elle est négligée dans les programmes scolaires. Il entreprend de la réhabiliter, et l’une de ses premières actions consiste à fonder en 1915 avec des confrères l’Association for the Study of African American Life and History. La publication de son premier livre (The Education of the Negro Prior to 1861) intervient la même année, puis il lance en 1916 le Journal of Negro History, dont la parution se poursuit aujourd’hui sous le titre de Journal of African American History. Dix ans plus tard, en 1926, il crée la Negro History Week, une semaine de commémoration de l’histoire afro-américaine organisée chaque année au mois de février.

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© : Birmingham Times

Et cinquante ans plus tard, en 1976, cette semaine s’étendra à tout le mois de février pour devenir le Black History Month qui existe toujours. Il s’accompagne d’événements dans tous les domaines, dont par exemple des concerts à la Maison Blanche. Bien sûr, ces trois dernières années, avec le président actuel, ces manifestations n’ont pas eu le même écho, on se demande vraiment pourquoi… La musique est toujours très présente lors de cette commémoration, et la plateforme Vevo édite en quelque sorte des compilations de vidéos en ligne avec des playlists dans la série « Vevo Celebrates Black History Month ». Certaines portent sur des décennies, et dans celle des années 1960 et 1970, on trouve une vidéo géniale de Howlin’ Wolf en public en 1966. J’ai même choisi la version rallongée pour encore plus de plaisir dans mon émission, ça s’appelle Meet Me in the Bottom.

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© : Glorious Noise

 

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© : Musée européen du blues

Je ne pouvais évidemment pas passer à côté aujourd’hui de l’inauguration du Musée européen du Blues, qui aura lieu ce samedi 6 avril 2019 à Châtres-sur-Cher dans le Loir-et-Cher. Depuis qu’ils ont acquis en 2016 un bâtiment dans cette localité du centre de la France, Jacques et Anne-Marie Garcia travaillent d’arrache-pied en vue de l’ouverture de ce musée, le premier du genre en France et sur le Vieux Continent. Avant d’aller plus loin, il importe de rappeler que les Garcia, par le biais de leur association Black Jack Blues s’impliquent dans l’univers du blues en France depuis de très longues années. On se souvient tout d’abord du club le Mi’Lieu du Blues à Ampuis dans le Rhône, avec déjà une programmation de qualité et la mise sur pied d’événements, comme la venue en en 2011 de Steven Johnson, petit-fils de Robert Johnson, à l’occasion du centenaire de la naissance du célèbre bluesman.

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© : Musée européen du blues

 

Une fois installés à Châtres-sur-Cher, ils ont donc commencé par ouvrir en 2017 la Maison du Blues, cadre d’un café associatif mais aussi d’un club-restaurant dans lequel ils réalisent la prouesse de proposer des concerts chaque week-end. Parallèlement, ils ont dû gérer le financement du projet de musée, un point toujours délicat, s’occuper de l’aménagement et des travaux des locaux sachant que ledit musée s’articule sur deux niveaux, enfin rassembler les pièces des collections en se rendant aux États-Unis tout en comptant sur de généreux donateurs. Un beau défi aujourd’hui brillamment relevé, et on ne peut évidemment que se réjouir de la finalisation de cette belle initiative au service du blues.

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© : Musée européen du blues

 

Inauguré le 6 avril, le musée sera ensuite ouvert du jeudi au dimanche de 10 h 30 à 18 h sans interruption. Le rez-de-chaussée, outre un hommage à Bobby Rush, parrain et président d’honneur du musée, proposera une histoire chronologique du blues, pendant que le décor au premier étage reproduit une rue du Mississippi, un espace dans lequel le visiteur pourra déambuler, avec des espaces dédiés (dont certains audio et vidéo) à l’évolution de cette musique et aux luttes des Afro-Américains. Enfin, dans le cadre de l’inauguration, Bobby Rush en personne sera présent et donnera un concert le soir du 6 avril dans une salle plus à sa mesure, à la Pyramide de Romorantin-Lantenay, toujours dans le Loir-et-Cher. Bien entendu, pour mon émission, j’ai retenu un morceau de Bobby Rush, en concert en 2011 à Greenville, Mississippi, toujours très bien entouré sur scène, et qui s’intitule tout simplement Sue.

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© : Musée européen du blues

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