Les temps du gospel copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Mance Lipscomb (rubrique « Un blues, un jour »), et The Zion Harmonizers (rubrique « Les temps du gospel »).

Je ne peux croire que vous ne connaissiez pas l’histoire du Titanic : dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, dès son premier voyage, une traversée de l’Atlantique qui relie Southampton à New York, le paquebot heurte un iceberg au large de Terre-Neuve et coule en moins de trois heures. Le bilan est extrêmement lourd avec environ 1 500 morts pour 700 rescapés. Les causes du naufrage sont multiples et montrent plusieurs négligences assez incroyables : absence de jumelles en vigie pour repérer d’éventuels obstacles, acier de la coque inadapté aux basses températures de l’Atlantique Nord, et bien sûr nombre trop faible de canots de sauvetage, il manquait en effet un millier de places… L’épave du Titanic sera localisée le 1er septembre 1985 par 3 843 mètres de fond.

On compte de nombreuses chansons dans le blues inspirées par cette catastrophe, et ce dès les années 1920 avec les chanteuses de blues classique. On doit l’une des plus célèbres, qui est peut-être bien ma préférée, à Blind Willie Johnson avec God Moves on the Water en 1929. Mais j’ai déjà passé Johnson dans cette émission. Le 9 avril, c’était les 124 ans de la naissance de Mance Lipscomb, mais j’avais alors choisi de programmer Woodrow Adams. Car je savais que j’aurais l’occasion de revenir sur Lipscomb aujourd’hui, il a en effet enregistré en 1964 sur son album « Texas Songster Volume 2 » (Arhoolie, 1964) une magnifique version de cette chanson, avec un jeu extraordinaire à la slide : c’est d’autant plus étonnant qu’il utilise un canif, et à la première écoute, ou pourrait vraiment croire qu’il s’accompagne d’un deuxième guitariste… Je vous invite à écouter le Texan dans mon émission avec son God Moves on the Water, qu’il appelait aussi The Titanic, ou The Sinking of the Titanic, le naufrage du Titanic

 

Cette page gospel fait suite à la rubrique « Sur scène » d’hier. Je m’arrêtais sur le Baton Rouge Blues Festival, qui se déroule ce week-end dans la capitale louisianaise. Pour les détails et en particulier la programmation complète, vous vous reporterez à mon article et à mon émission d’hier, et sur le site Internet du festival. Venons donc sans plus attendre aux Zion Harmonizers, qui sont présents pour cette édition.Et là, on peut vraiment parler de groupe légendaire car ils ont été fondés il y a 80 ans à La Nouvelle-Orléans, en 1939. Bien entendu, les membres fondateurs ne sont plus de ce monde… Au début, c’était une formation classique de quatre chanteurs avec un répertoire d’abord concentré sur le vocal, les negro spirituals, beaucoup d’harmonies a cappella. Puis le groupe a naturellement évolué en ajoutant une orchestration complète pour produire un gospel plus moderne en quelque sorte, avec des emprunts au R&B.

Leur popularité ne s’exprime pas trop en termes de discographie car ils n’ont sorti qu’une demi-douzaine d’albums, et essentiellement dans les années 1990. Mais ils ont créé leur émission de radio dès 1956. Ils n’ont surtout manqué aucune édition du Jazz Fest, le fameux festival de La Nouvelle-Orléans, depuis son lancement en 1970, et ils seraient à l’origine de la Gospel Tent, cette scène spécifique sous chapiteau aujourd’hui emblématique de l’événement. Mais pour mon émission, j’ai choisi de les programmer un contexte particulier, en 2014 lors d’un brunch dominical chez Miss Jean’s, un restaurant du Quartier Français de La Nouvelle-Orléans. C’est une tradition locale, d’autant que les restaurants locaux sont très forts en petits déjeuners et brunchs… Ce n’est donc pas un morceau mais plutôt un clip qui donne une idée de l’ambiance, et que nous appellerons Live at Miss Jean’s.

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