Article « Les temps du blues » – 25 avril 2019

Réédition semaine copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Champion Jack Dupree & Mickey Baker (rubrique « Un blues, un jour »), et Ottilie Patterson (rubrique « Réédition de la semaine»).

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© : Geoffroy Van Der Hasselt / AFP / Ministère de la Culture

Quand un incendie a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril dernier, mes émissions étaient enregistrées et montées jusqu’au 22 avril. Mais en consultant l’agenda des émissions suivant cette date, je me suis aperçu que j’avais noté pour le 25 avril que Champion Jack Dupree avait enregistré le 25 avril 1968 une chanson intitulée Goin’ to Paris. En outre, ce titre était tiré l’album « The Tricks » enregistré pour le label français Vogue, et Dupree était accompagné à la guitare de Mickey Baker, génial bluesman qui a passé les 50 dernières années de sa vie en France, où il est d’ailleurs mort en 2012 à l’âge de 87 ans. Dupree a pour sa part vécu dans différents pays européens, mais Baker fut un acteur de la scène française, et pas seulement dans le blues, loin de là, même…

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© : Discogs

On le retrouve ainsi en pleine période yéyé et rock de la chanson française aux côtés de Sylvie Vartan, de Françoise Hardy, de Ronald Méhu alias Ronnie Bird, de Jean-Marc Brige dit Billy Bridge, mais surtout de Chantal Goya, avec laquelle il travaille sur plusieurs albums dans les années 1960, et la liste n’est pas exhaustive… Sans oublier la grande Colette Magny, dans un registre toutefois bien différent. Superbe styliste de la guitare, Mickey Baker fut avant tout un bluesman et un novateur de son instrument qui influença aussi le rock, ce que nous avons sans doute un peu tendance à oublier aujourd’hui. En tout cas, avec Champion Jack Dupree l’Européen et Mickey Baker le Français d’adoption, nous avons là deux beaux bluesmen au moment d’avoir une pensée pour Notre-Dame de Paris. Je vous invite donc à retrouver dans mon émission, en quelque sorte en forme d’hommage, le Goin’ to Paris de messieurs Champion Jack Dupree et Mickey Baker, le 25 avril 1968…

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Mickey Baker et Champion Jack Dupree. © : Wikimedia Commons

 

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© : Jasmine

Pour la réédition de la semaine, je vous propose de revenir sur une artiste bien oubliée de nos jours, Ottilie Patterson, qui fait l’objet d’une réédition chez Jasmine, « The First Lady of British Blues ». Si vous ne la connaissez pas, pratiquement tout est dit dans le titre, j’y reviens plus loin. Née le 31 janvier 1932, Ottilie Patterson est britannique, et plus précisément nord-irlandaise. Pianiste classique à l’origine, elle se met toutefois au chant et entre en 1954 dans la formation de Chris Barber. Tromboniste et chef d’orchestre de jazz, Barber accueillit dès la fin des années 1940 dans son groupe un certain Alexis Korner, qui fut avec Cyril Davies à l’origine du blues britannique, voir mon émission et mon article du 21 mars 2019. Barber fut aussi à l’origine des premières tournées britanniques de Muddy Waters, Big Bill Broonzy, Sonny Terry et Brownie McGhee. Ottilie Patterson chanta d’ailleurs avec ces artistes, mais aussi avec Sister Rosetta Tharpe, Sonny Boy Williamson et Louis Jordan.

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© : Chris Barber

On peut donc dire, comme dans le titre de la compilation, qu’Ottilie Patterson fut effectivement la « première dame » de l’histoire du blues britannique. Bien avant des artistes que nous connaissons bien mieux, comme John Mayall par exemple… Il faut toutefois préciser qu’avec Barber elle évoluait plus dans un style proche du jazz Dixieland, mais elle a chanté de nombreux blues et sa voix était parfaitement en phase avec cette musique. Elle a continué de chanter avec Barber jusqu’en 1983, tout en sortant quelques albums sous son nom. Elle a ensuite arrêté sa carrière et nous a quittés le 20 juin 2011 à l’âge de 79 ans. L’anthologie Jasmine, qui couvre la période 1955-1962, offre une occasion idéale de découvrir ou redécouvrir cette chanteuse qui a tenu un rôle significatif dans la genèse du blues britannique et par extension européen. Je vous propose de l’écouter dans mon émission en 1958, avec Barber mais aussi Sonny Terry et Brownie McGhee, sur When Things Go Wrong. L’ambiance est Dixieland avec cuivres et banjo, et c’est juste superbe…

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© : Shazam

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