Article « Les temps du blues » – 15 mai 2019

Blues in France copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Johnny Williams (rubrique « Un blues, un jour ») et Jacob Desvarieux (rubrique « Blues in France»).

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© : Stefan Wirz

Nous allons parler aujourd’hui d’un artiste au nom très commun car il se nomme Johnny Williams, ce qui équivaut à Jacques Martin chez nous… Il est né le 15 mai 1906, il y a 113 ans, mais si son nom est courant, ce chanteur et guitariste est franchement méconnu. En plus, d’autres bluesmen utiliseront comme pseudonyme John ou Johnny Williams, et pas des moindres car il s’agit de Baby Boy Warren et surtout John Lee Hooker ! Williams est originaire d’Alexandria en Louisiane, mais il s’est beaucoup déplacé : il a grandi à Houston au Texas, a vécu à Belzoni dans le Mississippi, où il a notamment rencontré Charlie Patton, pour finalement s’installer à Chicago en 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travaille dans l’industrie de la viande et commence à se produire dans les clubs de la ville, où il côtoie Hound Dog Taylor en 1944, qui est alors très peu connu.

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© : Stefan Wirz

L’année suivante, Williams laisse un doigt dans un hachoir à viande, s’arrête pendant un an avant de réapparaître dans les rues, en particulier sur Maxwell Street. On le voit avec un cousin que nous connaissons bien mieux car il s’agit du superbe chanteur, guitariste et mandoliniste Johnny Young. Les deux hommes enregistrent d’ailleurs ensemble leurs premiers morceaux, en 1947. Ils remettent ça l’année suivante avec Snooky Pryor, Williams jouant aussi avec Floyd Jones et Little Walter. À ce moment-là, Willams fait partie des pionniers du blues moderne et de l’emploi de l’amplification électrique qui se répand à la guitare et à l’harmonica. Mais contrairement à ses illustres pairs, après une séance en 1953 qui ne sera d’ailleurs éditée que dans les années 1970, il n’enregistre plus rien. Six ans plus tard, en 1959, il décide même d’arrêter le blues et entre en religion. Il est mort bien plus tard et quasi centenaire, en 2006 à l’âge de 99 ans… Johnnny Williams n’ayant presque rien enregistré, j’ai choisi pour mon émission la face de 1947 sur laquelle il chante avec son cousin Johnny Young à la mandoline… Ça s’appelle Worried Man Blues.

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© : Stefan Wirz

 

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© : Tribune2Lartiste

Pour « Blues in France », je vous invite en quelque sorte à venir chez moi en Guadeloupe avec Jacob Desvarieux, un des fondateurs en 1979 du groupe Kassav’. Vous savez sans doute que ce groupe fête cette année ses 40 ans et qu’il s’est notamment produit dans ce cadre samedi dernier à Paris, à la Défense Arena, plus grande salle d’Europe qui peut accueillir jusqu’à 40 000 personnes en mode concert. Les frères Pierre-Édouard et Georges Décimus, avec bien sûr Jacob Desvarieux, tous trois Guadeloupéens de naissance ou d’origine, sont les membres fondateurs du groupe. Ils seront vite rejoints au début des années 1980 par les autres piliers de la formation, le Guadeloupéen Patrick Saint-Éloi, hélas disparu en 2010, et les artistes d’origine martiniquaise Jocelyne Béroard, Jean-Claude Naimro et Jean-Philippe Marthély.

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© : Défense-92

Kassav’ est bien entendu le groupe le plus populaire du zouk, style dont on peut dire qu’il est le créateur, l’inventeur. Sa renommée est planétaire, et j’ose écrire que Kassav’ est au zouk ce que B.B. King est au blues ou Bob Marley au reggae. Si je m’arrête aujourd’hui sur Jacob Desvarieux, c’est parce qu’il ne manque jamais de souligner combien le blues l’a influencé. Dans une émission récente sur la principale chaîne de télé guadeloupéenne (Guadeloupe la 1re), il disait qu’il avait commencé par jouer du blues car dès la première note ça sonnait « sexy »… Je l’ai beaucoup écouté ces derniers temps car les médias en parlent évidemment beaucoup en ce moment ici en Guadeloupe, et son phrasé à la guitare est effectivement souvent bluesy, sans parler de sa voix caractéristique très grainée. Jacob Desvarieux a sorti 5 albums sous son nom dont un en 1999 qui s’appelle « Euphrasine’s Blues » (Sonodisc). Ce n’est certes pas un disque de blues à proprement parler mais l’inspiration et le canevas syncopé et prenant sont bien là, en particulier sur la chanson-titre que je vous propose d’écouter dans mon émission.

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© : Discogs

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