Article « Les temps du blues » – 2 mai 2019

Réédition semaine copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Connie Mack Booker (rubrique « Un blues, un jour »), et Otis Spann (rubrique « Réédition de la semaine»).

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© : Roots Vinyl Guide

Il existe des bluesmen dont on sait vraiment très peu de choses, et le chanteur et pianiste texan Connie Mack Booker, né le 2 mai 1931, appartient indéniablement à ce cercle. Pourtant, il fait partie des bluesmen qui ont accompagné B.B. King (c’est en épluchant la discographie de ce dernier que j’ai découvert Booker, un peu par hasard…), Junior Parker et Bobby Bland. Sous son nom, Booker nous laisse une poignée de faces qui se comptent sur les doigts d’une main, et qui datent de 1949 et du milieu des années 1950, mais elles se caractérisent par leur originalité : c’est en effet un chanteur étonnant à la voix un peu compassée, en total contraste avec les guitaristes fougueux qui l’accompagnent, notamment Cal Green. Booker vient de Mission, à l’extrême sud du Texas, à la frontière du Mexique sur le Rio Grande. Ses parents l’ont appelé Connie Mack en hommage à un célèbre joueur de base-ball de la fin du XIXe siècle qui portait ce nom…

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© : Discogs

Il a grandi à Houston, et en 1948, à l’âge de 17 ans, il joue au sein d’un groupe. Et dès l’année suivante, il apparaît sur un single avec L.C. Williams au chant. En 1952 et 1953, il accompagne donc B.B. King sur quelques titres, puis en grave deux sous son nom l’année suivante. A priori, voilà pour sa discographie… En 1955 et 1956, il figure cette fois aux côtés de Junior Parker, avec également les guitaristes Roy Gaines et Pat Hare. Tous ces musiciens font alors partie de l’écurie du label Duke, et Connie Mack Booker se retrouve aussi, toujours avec Roy Gaines, sur des morceaux de Bobby Bland dont le très fameux It’s My Life Baby en 1955. Ensuite, il continue de travailler quelque temps comme accompagnateur en studio pour Duke, puis semble abandonner la musique en 1967, du moins professionnellement. Connie Mack Booker nous a quittés le 25 janvier 1984 à 53 ans. Comme il n’existe que trois morceaux sur lesquels il chante et joue du piano, le choix a été rapide… J’ai retenu pour mon émission All Alone, un blues lent de 1954 avec Cal Green à la guitare.

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© : Roots Vinyl Guide

 

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© : Jasmine

Ma réédition de la semaine concerne un des plus grands pianistes de l’histoire du blues, et sans doute même un des meilleurs bluesmen d’une génération pourtant riche en talents, Otis Spann. On la doit comme souvent au label Jasmine, et elle s’intitule « In Session – Diary Of A Chicago Bluesman 1953-1960 ». Elle couvre donc la période 1953-1960 et se compose en fait de deux CD. Le premier compte 26 morceaux et révèle Spann en accompagnateur des meilleurs bluesmen de l’âge d’or de Chicago, soit Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Junior Wells, Little Walter, Bo Diddley, Chuck Berry et Sonny Boy Williamson. Le second disque contient 17 morceaux, dont 13 cette fois sous le nom d’Otis Spann. Les 3 premiers ont été enregistrés en 1960 au festival de Newport, avec un groupe exceptionnel composé de Muddy Waters, Pat Hare, James Cotton, Andrew Stephenson et Francis Clay. Sur les 4 suivants, on retrouve les mêmes musiciens la même année au même endroit, mais ils officient pour John Lee Hooker.

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© : Discogs

Enfin, les 10 derniers morceaux sont ceux de l’album original « Otis Spann Is the Blues » de 1960, sur lequel il est seul ou bien juste accompagné de Robert Lockwood, Jr., et si tout est remarquable, j’avoue un faible particulier pour ces derniers titres. L’ensemble offre une belle introduction à l’œuvre de Spann, avec un premier disque qui donne la mesure de son importance dans l’élaboration du blues moderne. Quant au deuxième, il démontre combien il conservait toute sa force d’expression dans une ambiance plus intimiste. Car Spann n’était pas uniquement un fabuleux pianiste, c’était aussi un compositeur et un chanteur de tout premier ordre. Il était vraiment le blues, pour reprendre le titre de son disque de 1960… Sa disparition en 1970 à 46 ans fut une perte énorme. Dès lors, pour illustrer tout cela dans mon émission, j’ai choisi une de ses compositions du disque de 1960, Beat Up Team, sur laquelle il est parfaitement soutenu par un Lockwood tout en retenue…

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© : Merurido

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