La blaxploitation en pleine Lumière !

© : Movie Posters.

Alors que l’on se remet à peine du choc de l’annonce de la mort de Melvin Van Peebles (le 22 septembre dernier à l’âge de quatre-vingt-neuf ans, hommage à lire à cette adresse sur le site de Soul Bag), le festival Lumière, qui se déroulera du 9 au 17 octobre 2021 à Lyon, célébrera les cinquante ans de la blaxploitation. Ce courant cinématographique, basé sur un jeu de mots créé à partir de blacks et exploitation, soit l’exploitation des Noirs, vise d’abord à redonner aux Afro-Américains des premiers rôles dans les films. En effet, jusque-là, les rôles principaux revenaient presque exclusivement à des acteurs blancs. Le mouvement, surgi peu après le Black Power des années 1960, véhicule toutefois certaines ambiguïtés, voire des stéréotypes, avec des scènes violentes qui mettent en avant le proxénétisme, la prostitution, le trafic de drogue et le gangstérisme…

Mais s’ils sont d’abord destinés au public noir, les films de la blaxploitation finiront par franchir les frontières des races, certains devenant même cultes. Ils le doivent, et c’est aussi la raison pour laquelle j’en parle ici, à leurs bandes originales, qui s’appuient sur la soul et le funk, des musiques quasiment absentes des productions de l’époque. Et Melvin Van Peebles fut une sorte de pionnier en sortant donc il y a cinquante ans, en 1971, ce qui est considéré comme le premier film du genre, Sweet Sweetback’s Baadasssss Song, dont il est le scénariste, le coproducteur, le réalisateur et l’acteur principal ! Quant à la musique, on la doit à une formation alors débutante, Earth, Wind & Fire…

© : Rotten Tomatoes.

Mais le courant prend son véritable élan la même année avec le film Shaft de Gordon Parks, dont la bande originale signée Isaac Hayes vaudra deux Grammy Awards à son auteur. Deux suites sortiront en 1972 et 1973, Shaft’s Big Score et Shaft in Africa. En 1972, Super Fly, œuvre de Gordon Parks Jr. (le fils du précédent), sera bien servi par la musique de Curtis Mayfield, Bobby Womack sera le principal interprète des chansons de Across 110th Street (avec Anthony Quinn !), pendant que Marvin Gaye se chargera de la bande originale de Trouble Man d’Ivan Dixon. Le genre s’éloignera ensuite de sa ligne originelle (Vivre et laisser mourir de la série des James Bond en 1973 étant même cité comme en faisant partie…), mais son influence sera réelle, notamment sur des réalisateurs comme Quentin Tarantino, mais aussi sur le hip-hop. Pour revenir au festival Lumière, les deux films de 1971 cités plus haut seront projetés chacun trois fois.

– Sweet Sweetback’s Baadasssss Song samedi 9 octobre à 22 h 15 à l’institut Lumière, mardi 12 octobre à 19 h 15 au cinéma Opéra et vendredi 15 octobre à 19 h 45 à l’UGC Ciné Cité Confluence.
– Shaft mardi 12 octobre à 21 h 45 au cinéma Opéra présenté par le cinéaste Lucas Belvaux, mercredi 13 octobre à 22 heures à l’UGC Ciné Cité Confluence et vendredi 15 octobre à 21 heures au Pathé Bellecour.

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