Les disques de l’année 2021, # 8

Voici la dernière chanson dans le cadre de ma rubrique consacrée aux disques qui auront selon moi marqué cette année 2021 qui s’achève. Il s’agit aujourd’hui des Memphissippi Sounds, sur lesquels je m’étais déjà arrêté dans un article le 22 septembre dernier. Ce duo que l’on découvre vient donc de sortir un premier album, « Welcome To The Land (Little Village). Damion « Yella P » Pearson et Cameron Kimbrough, petit-fils de Junior Kimbrough, sont chanteurs et multi-instrumentistes, mais Cameron privilégie la batterie et Damion l’harmonica. Très marquée par le Hill Country Blues, leur musique intègre des sonorités et des éléments très actuel, inspirés du rock, de la soul, de la pop, du funk et du hip-hop. C’est frais, vibrant, novateur et parfaitement réussi avec des textes souvent engagés, presque « perturbants ». J’ai rédigé un article dans le numéro 245 de Soul Bag (avec une interview de  « Yella P » Pearson réalisée en octobre) et la chronique de ce remarquable album dont j’ajoute le texte plus bas. Et je termine avec High & low, un titre lancinant tiré du CD.

MEMPHISSIPPI SOUNDS
WELCOME TO THE LAND
Le disque que l’on attendait plus… Ce land se cache une terre ou plutôt un pays. Nouveau. Celui de Damion « Yella P » Pearson, natif de Memphis, formé au blues sur Beale Street, et de Cameron Kimbrough, petit-fils de Junior et nourri au Hill Country blues. Ils sont multi-instrumentistes, mais ici, Damion privilégie l’harmonica (et le chant !), et Cameron la batterie et la guitare. Ils s’inscrivent donc en pionniers du Memphissippi, un nouveau pays pour un nouveau blues. Leur musique est très novatrice, d’abord basée sur la répétition de phrases clés qui reviennent comme des mantras grinçants. Cameron installe une trame sur laquelle Damion alterne avec ses phrases et son harmonica vibrant qui apporte beaucoup. C’est lancinant, lourd (de sens), pénétrant, résolument moderne avec des emprunts au funk, au rock, au hip-hop, et spontané, presque improvisé. Les Memphissippi Sounds ressuscitent l’urgence du blues. Le titre d’ouverture, Who’s gonna ride, scotche : « Qui marchera, qui marchera pour moi (…), je ne peux plus respirer… » Allusion à peine voilée au meurtre de George Floyd. Sur I’m mad (assez rock), on médite sur la sentence « Je suis fou mais pas sonné ». Le titre Crossroads n’est pas celui auquel on pense, le chant tend vers le hip-hop pour asséner « je me tiens là au carrefour, mais où aller ? » Après une détente sur Go downtown au rythme d’un slow boogie (« Allons en ville, chérie »), on atteint un vrai sommet sur Saturday morning avec son riff funky impérieux et son chant canaille proche de la scansion. Mais le duo fait encore plus fort sur l’écrasant Hill Country blues High & low. On entend pour la première fois la phrase Welcome to the land, et tout s’explique : « Bienvenue au pays, une nouvelle expérience, plus jeune… » Et ils terminent très fort avec un blues toujours aussi lancinant, Look out for the wolf ! On n’avait jamais entendu ça. Ce blues exalté sera-t-il celui des années 2020 ? Posons la question à un certain… Otis Taylor !

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