Article « Les temps du blues » – 16 mars 2019

Sur scène copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Lillian Goodner (rubrique « Un blues, un jour »), et Clarence « Gatemouth » Brown & Canned Heat (rubrique « Sur scène »).

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Vers 1925. © : Mark Berresford Collection / vjm.biz

J’ai choisi de m’arrêter aujourd’hui sur la chanteuse Lillian Goodner. Née il y a 125 ans, le 16 mars 1894, elle est décédée le 27 septembre 1994… Autrement dit, le compte est facile à faire, elle nous a quittés à l’âge de 100 ans. Quelques sources citent toutefois 1896 comme année de naissance mais ce n’est pas avéré… Certes, les blueswomen et bluesmen restent souvent actifs jusqu’à des âges très avancés, et sans remonter trop loin dans le temps, on connaît pas mal d’artistes poursuivant leur carrière en étant nonagénaires, comme Pinetop Perkins, Robert Lockwood, Jr., Homesick James, Honeyboy Edwards… Mais les centenaires restent rares, dans tous les domaines d’ailleurs… Ceci dit, soyons honnêtes, Lillian Goodner a chanté jusque dans les années 1970, mais pas au-delà…

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© : Discogs

Elle est donc née Lillian Paige à Montgomery en Alabama, a débuté au chant dès les années 1910, avant d’enregistrer en tout et pour tout six faces en décembre 1923 et février 1924 pour le label Ajax. Sans surprise, elle s’exprimait dans le registre du blues classique en s’accompagnant de musiciens de jazz. Si elle n’a plus enregistré après 1924, elle est restée très populaire et active, fréquentant de grandes vedettes de son époque (elle travailla avec Duke Ellington et Glenn Miller) et entreprenant des tournées dans le monde entier. En outre, Lillian Goodner se distinguait car elle était passionnée de photographie. Non seulement elle collectionnait les photos promotionnelles de ses tournées, mais elle prenait aussi ses propres photos. Elle a ainsi immortalisé de grandes figures comme Bessie Smith, Cab Calloway et Josephine Baker. Ses photos très rares ont été retrouvées quelques mois avant sa mort et ont fait l’objet d’une exposition. Ses six titres sont rassemblés sur l’anthologie « Female Blues Singers – Vol. 6: E/F/G – 1922-1928 » (Document, 1996). Pour mon émission, j’ai choisi un morceau gravé en 1924, intitulé Four Flushin’ Papa.

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© : Discogs

 

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© : Discogs

Dans le cadre de la rubrique « Sur scène » du jour, comme j’aime le faire de temps à autre, je vous propose d’évoquer aujourd’hui non pas un concert en lien avec l’actualité, mais une performance historique marquante. Elle met en avant Clarence « Gatemouth » Brown, invité de luxe du groupe Canned Heat, le 1er juillet 1973 au festival de Montreux en Suisse. Nous connaissons bien ces artistes qui dans leurs registres respectifs auront marqué leur musique. « Gatemouth » Brown est un chanteur et multi-instrumentiste capable de prestations spectaculaires sur scène, que ce soit au violon, à l’harmonica et bien sûr à la guitare dont il est un des plus beaux stylistes. Quant au Canned Heat, c’est évidemment un groupe phare des années 1960, et en 1973, bien qu’Alan Wilson et Larry Taylor ne soient plus là (le second reviendra…), il compte encore dans ses rangs Bob Hite au chant, Henry Vestine à la guitare et Fito de La Parra à la batterie, tous membres de la formation historique.

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© : YouTube

Pourtant, ce 1er juillet 1973, le Canned Heat semble désemparé et même un peu dépassé par les événements. Car Brown a visiblement décidé de carrément s’accaparer la scène. Au-delà du son ponctué de breaks improvisés, prenez le temps de regarder attentivement la vidéo, par moments on voit bien que les accompagnateurs hésitent sur ce qu’ils doivent faire. C’est assez cocasse mais ça ne semble pas troubler et « Gatemouth » Brown plus que ça, qui en rajoute également pour essayer de réveiller un public un peu trop sage. En tout cas il s’amuse comme un fou et fait un numéro à l’harmonica sur ce morceau que j’ai retenu pour mon émission et qui n’a pas de titre bien établi. Concernant le disque dont tout cela est extrait, le concert est également disponible en DVD, il s’intitule « Live at Montreux 1973 » (Eagle, 2011), et Brown est présent sur 4 morceaux (sur un total de 10), à l’harmonica, au violon et à la guitare.

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© : Discogs

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