Article « Les temps du blues » – 12 mai 2019

Les temps du gospel copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Donald Kinsey (rubrique « Un blues, un jour »), les Ward Singers et les Davis Sisters (rubrique « Les temps du gospel»).

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© : Daniel Czerniejewski / Route 66

C’est l’anniversaire du chanteur et guitariste Donald Kinsey, né le 12 mai 1953, qui fête donc aujourd’hui ses 66 ans. Et le concernant, on peut vraiment parler de parcours atypique dans l’histoire du blues. Il vient de Gary dans l’Indiana et il est le fils d’un bluesman de Chicago bien connu, Big Daddy Kinsey. C’est d’ailleurs avec ce dernier qu’il débute, avec un talent visiblement précoce car à l’âge de 15 ans, on le surnomme déjà B.B. King, Jr. Il est ensuite remarqué par Albert King avec lequel il enregistre quelques albums dont en 1973 à Montreux le célèbre « Blues at Sunrise » (Stax, 1988). En 1975, Donald Kinsey sort avec son frère Ralph pour Island l’album « White Lightnin’ » (que je n’ai pas écouté) avec le groupe du même nom, dans un registre allant du rock au funk et au blues. Mais là où ça devient franchement original, c’est que Donald Kinsey va également devenir un artiste très réputé du reggae !

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Bob Marley et Donald Kinsey en 1976. © : Weekend Hippie

À partir de 1976, il intègre ainsi les Wailers, le groupe de Bob Marley, mais aussi celui de Peter Tosh, pour enregistrer et tourner activement avec ces deux « géants » qui représentaient qui se faisait alors de mieux dans le monde du reggae. Parallèlement et progressivement, tout en accompagnant son père, Kinsey fonde en 1984 le Kinsey Report, une formation qui comprend Ralph à la batterie, son autre frère Kenneth à la basse et Ron Prince à la seconde guitare. Avec ce groupe, pendant une dizaine d’années, de 1987 à 1998, après un disque initial en 1985 avec Big Daddy, il enregistre cinq albums, trois pour Alligator et deux pour Pointblank. Mes deux préférés sont le premier, « Edge of the City » (Alligator, 1987), et le dernier, « Smoke and Steel » (Alligator, 1998), sur lequel ils reçoivent le renfort d’invités dont Lester « Mad Dog » Davenport à l’harmonica, Roosevelt Purifoy aux claviers et Will Crosby à la guitare. La musique du groupe est un Chicago Blues qui ne cessera de se muscler pour s’assimiler assez souvent à du Blues Rock. Donald Kinsey a d’ailleurs également travaillé avec des artistes de cet univers, dont Roy Buchanan.

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© : Shazam

De nos jours, je ne suis pas assez familier de la scène reggae pour affirmer que Donald Kinsey continue de travailler dans ce style, mais on peut en douter même s’il aime reprendre des standards de cette musique sur scène. En effet, s’il n’a pas enregistré d’album de blues depuis une vingtaine d’années, il apparaît régulièrement avec le Kinsey Report lors de festivals ou dans des clubs, essentiellement dans la région de Chicago, il est d’ailleurs par exemple au programme du prochain Chicago Blues Festival. Il communique également très régulièrement à propos de ses concerts blues sur sa page Facebook, mais son site Internet aux « couleurs » plutôt reggae n’est pas à jour… Quoi qu’il en soit, j’ai choisi de mettre en scène dans mon émission les trois frères Kinsey en 2016, un peu à contre-emploi pour une lecture acoustique du très fameux Stormy Monday.

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En 2017. © : Waukesha BluesFest

 

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© : Amazon

Pour la page gospel du jour, comme je l’ai annoncé lors d’émission précédentes, je consacre la rubrique dominicale à une deuxième anthologie sur le gospel, qui s’appelle « The Gospel According to Malaco – Celebrating 75 Years of Gospel Music ». Comme les Roberta Martin Singers, je vais lui dédier deux émissions et deux fois deux morceaux, aujourd’hui et dimanche prochain. Fondé en 1967 à Jackson, la capitale du Mississippi, où il a d’ailleurs toujours son siège, le label Malaco a développé d’importants catalogues dans les secteurs de la soul, du blues et bien sûr du gospel, un secteur dans lequel il est leader. Même la quasi-destruction de ses locaux par une tornade en avril 2011, où je m’étais rendu quelques jours après la catastrophe, ne l’a pas empêché de poursuivre ses activités.

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Les Ward Singers en 1963. © : spyurk

L’anthologie dont il est aujourd’hui question est impressionnante : elle couvre trois quarts de siècle, de 1943 à 2018, compte 8 CD proposant tout juste 100 morceaux et un livre de 140 pages ! On y trouve certes bien des grandes figures historiques du gospel, de Mahalia Jackson à la Mississippi Mass Choir en passant par Sister Rosetta Tharpe, James Cleveland, les Soul Stirrers… Mais une telle sélection laisse bien sûr la place à des artistes moins prestigieux mais très talentueux, à des découvertes, à des raretés… Pour cette émission, j’ai choisi deux morceaux de la première moitié des années 1950. Le premier concerne les Ward Singers, avec donc Clara Ward à leur tête, pour un morceau de 1951 qui s’intitule The Old Landmark. Je l’enchaîne avec la formation un peu moins connue des Davis Sisters, qui interprètent en 1955 Twelve Gates to the City.

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© : gospellin / YouTube

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