Article « Les temps du blues » – 21 dec 2018

En tournée copie

Au programme de mon émission sur YouTube, Harmonica Slim (rubrique « Un blues, un jour ») et Fred McDowell (rubrique « En tournée »).

Harmo 1
© : Sinister Salad Musikal.

Comme pour Guitar Slim évoqué ici dans mon article du 10 décembre 2018, il existe plusieurs bluesmen connus sous le pseudonyme d’Harmonica Slim. Afin d’éviter les confusions, je précise donc d’emblée que je parle aujourd’hui de Travis Leonard Blaylock, qui est donc né le 21 décembre 1934, il y a tout juste 84 ans, à Douglassville au Texas. Il a toutefois grandi à Texarkana, environ 45 km au nord-est, où il apprend l’harmonica à l’âge de 12 ans et débute dans un groupe de gospel, les Sunny South Gospel Singers. À partir de 1949, il vit à Los Angeles, où il va d’ailleurs réaliser pratiquement tous ses enregistrements dans les années 1950 et 1960. Bien que méconnu, ce bluesman se caractérise par son style somme toute assez personnel, avec un jeu d’harmonica plutôt roots qui contraste avec sa voix de tête, et sa capacité d’adaptation qui lui permet de s’imposer au sein des formations étoffées et cuivrées qui font alors les beaux jours du blues californien.

Harmo 2
© : Discogs

Après avoir fréquenté le guitariste Martin Fulson, le frère de Fulson, il parvient même à monter un groupe avec ce dernier mais aussi avec le pianiste Lloyd Glenn, avant de tourner avec de grandes figures dont Percy Mayfield, Harmonica Fats, B. B. King, T-Bone Walker, Ray Charles et Pee Wee Crayton. Malheureusement, aucun de ces illustres pairs n’apparaît sur ses douze faces gravées entre 1954 et 1960, et Harmonica Slim ne parvient pas à vivre de sa musique. Il ressurgit toutefois en 1969 avec son seul et unique album, « The Return of Harmonica Slim », pour BluesTime. Puis la mort de son père en 1971 provoque son retour à Texarkana, où il doit s’occuper de sa mère. Il ne renonce pas complètement à la musique et enregistre même en 1976 de quoi faire un album, un contenu qui demeure toutefois inédit. Il devient ensuite pasteur et meurt en 1984 à seulement 49 ans. Pour redécouvrir cet artiste talentueux, j’ai choisi pour mon émission un titre de 1956, My Girl Won’t Quit Me.

Harmo 3
© : Gérard Herzhaft / Blue Eye.

Pour aller plus loin, je vous conseille la lecture de l’article consacré par Gérard Herzhaft à Harmonica Slim sur son blog. Gérard y ajoute en outre les références de la compilation « Harmonica Slim – The Complete Recordings », qui comme son nom l’indique rassemble tous les enregistrements de l’artiste (ses douze premières faces, l’album cité plus haut et un titre de 1976), avec une discographie détaillée des sessions.

 

McDo 1
© : Discogs

À l’approche des fêtes de fin d’année, les tournées et concerts se faisant plus rares, j’ai décidé de consacrer mes rubriques « En tournée » et « Sur scène » du vendredi et du samedi à des enregistrements marquants en public. Il s’agit simplement de profiter de cette période pour se faire plaisir avec des extraits musicaux dans un contexte qui va particulièrement aux bluesmen, la scène. Je vous propose donc d’ouvrir ces pages avec un personnage inimitable, l’incarnation du Delta Blues et « roi » de la guitare slide, Mississippi Fred McDowell, qui ouvrait souvent ses concerts avec un discours du genre : « Comme on se retrouve, toujours pour faire le même truc… Et j’espère que vous allez aimer ça… Il faut que je vous dise, je ne joue pas de rock ‘n’ roll, juste ce blues, direct, naturel. Quand je joue, si vous écoutez bien, ma guitare chante aussi ce que je chante. Et ce que dit ma guitare, je le dis… Si vous voulez que je fasse du rock, donnez-moi un rocking-chair, ouais, c’est le seul truc avec lequel je fais du rock… » Ainsi, même pour évoquer son approche, McDowell use du double sens, le terme rock désignant à la fois le style musical et le balancement du rocking-chair…

McDo 2
© : Pinterest

Mais passons au titre que j’ai choisi. Il est tiré de son dernier album, « Live in New York » (Oblivion, 1973), enregistré le 5 novembre 1971 au Gaslight, un club de Greenwich Village, son très fameux Shake ‘Em On Down. Au gré des rééditions et des habillages, ce disque changera de de titre et deviendra « Shake ‘Em On Down » puis « Live at the Gaslight ». Dans cette dernière version (CD), il compte pas moins de 23 morceaux, contre seulement 9 sur le LP original…

McDo 3
© : Discogs

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