Article « Les temps du blues » – 22 avril 2019

Top of blues

Au programme de mon émission sur YouTube, George « Harmonica » Smith (rubrique « Un blues, un jour »), et Pee Wee Crayton (rubrique « Top of blues »).

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© : Stefan Wirz

Nous allons évoquer aujourd’hui George « Harmonica » Smith, né le 22 avril 1924, il y a tout juste 95 ans. Smith mérite vraiment qu’on s’arrête sur son œuvre au moins pour deux raisons. Dans un premier temps, il convient de souligner qu’il fut un des meilleurs spécialistes de l’harmonica chromatique. Ensuite, il fit partie des premiers harmonicistes à utiliser l’amplification électrique sur cet instrument dans la seconde moitié des années 1940. Autrement dit à la même époque que les pionniers de cette technique comme Little Walter et Snooky Pryor, mais il est bien moins connu qu’eux, d’autant qu’il a en outre enregistré après eux, à partir du milieu des années 1950, autrement dit à une époque où l’amplification était évidemment bien plus courante…

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© : Pinterest

Il vient de West Helena en Arkansas mais il a grandi à Cairo dans l’Illinois, et il a appris l’harmonica très jeune, dès l’âge de 4 ans. Sa mère était d’ailleurs harmoniciste, ce qui a facilité son apprentissage même si elle ne se consacrait pas particulièrement au blues… Il vit ensuite à Kansas City à partir de 1942, où il découvre dès lors véritablement le blues, puis arrive à Chicago en 1949, où il va peut-être accompagner Otis Rush, et rencontrer une première fois Muddy Waters avec lequel il se produit un peu. Son nom apparaît pour la première fois sur disque le 25 octobre 1954 sur un single d’Otis Spann, dans un groupe qui comprend aussi, tenez-vous bien, Jody Williams, B. B. King et Willie Dixon ! Puis il enregistre dès l’année suivante sous le nom de Little George Smith de superbes faces avec Champion Jack Dupree au piano. Malgré la qualité et le modernisme de ses disques, il n’obtient pas un grand succès et s’installe en 1956 à Los Angeles, où il restera jusqu’à sa mort le 2 octobre 1983 à l’âge de 59 ans.

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© : Harmonica

Après des faces avec Big Jay McNeely, Little Johnny Taylor, et encore Champion Jack Dupree et Otis Spann, et quelques singles plus espacés jusqu’en 1968, il se fera vraiment connaître au tournant des années 1960 et 1970, quand il retrouvera Muddy Waters, mais cette fois aussi sur disque, et il travaillera également avec Big Mama Thornton. Parallèlement, de la fin des années 1960 jusqu’en 1983, il sort quelques albums intéressants qui mettent bien en avant l’originalité de son jeu, notamment à l’harmonica chromatique, mes préférés étant le remarquable « Blues With a Feeling – A Tribute to Little Walter » chez World Pacific en 1969, et dans une moindre mesure « …Of the Blues », d’ailleurs sorti la même année chez Bluesway. Il faut y ajouter les deux volumes (édition numérique) rassemblés par Gérard Herzhaft et disponibles sur son blog Blue Eye, « The Complete Studio Recordings », qui couvrent la période 1955-1968. George « Harmonica » Smith sera également une importante source d’inspiration pour tous les harmonicistes de la Côte Ouest, dont beaucoup sont encore en activité. Pour mon émission, j’ai pris un de ses premiers titres en 1955, entouré de musiciens dont on n’a pas les noms et c’est dommage car c’est magnifique, ça s’appelle Telephone Blues.

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© : Stefan Wirz

 

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© : Andrea Zucker / Blues Foundation

Pour ce « Top of blues » du lundi, parlons de la cérémonie des entrants au Blues Hall of Fame pour 2019 : elle approche à grands pas car elle se déroulera le 8 mai prochain à Memphis, dans un cadre qui verra également la remise le lendemain des Blues Music Awards. Les cinq artistes concernés cette année sont Aretha Franklin, Booker T. & The MGs, Count Basie, Ida Cox et Pee Wee Crayton. On trouve également cinq chansons : Everyday I Have The Blues de B.B. King, I Got A Woman de Ray Charles, Rollin’ Stone de Muddy Waters, Shake Your Moneymaker d’Elmore James et St. Louis Blues de Bessie Smith. À cela s’ajoutent Moses Asch, notamment fondateur du label Folkways, le livre Lost Delta Found sur les campagnes 1941-1942 de la Bibliothèque du Congrès et l’album « The Sky Is Crying » d’Elmore James.

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© : Blues Foundation

Depuis sa création en 1980, le Blues Hall of Fame, géré par la Blues Foundation, a introduit 400 œuvres ou personnages dont 130 sont des artistes ou groupes. Pour illustrer cela, je vous propose le chanteur et guitariste Pee Wee Crayton, que je n’ai d’ailleurs pas encore passé dans cette émission. Ce bluesman né en 1914 et mort en 1985 est originaire du Texas mais il s’est installé en Californie au milieu des années 1930. S’il avait la voix un peu affectée caractéristique de bien des chanteurs de la Côte Ouest, il se distinguait par un jeu de guitare très personnel, influencé par le jazz, mais dont le dynamisme influencera de nombreux guitaristes de rock. Mais j’aurai évidemment l’occasion de revenir plus longuement sur son parcours dans une autre émission… Crayton nous laisse quelques excellents instrumentaux qui mettent justement en lumière son jeu de guitare, c’est le cas de Texas Hop qui date de 1948. Oui, j’écris bien 1948, mais je vous laisse découvrir ça !

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© : Playback.fm

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