© : Crumb / X.

Terrible nouvelle qui vient de me parvenir : le 21 février 2024, le petit musée consacré à Mississippi John Hurt (1893-1966) à Avalon, Mississippi, localité où il a grandi, a été entièrement détruit par un incendie. Le musée était aménagé dans une maison de trois pièces vieille de deux cents ans, où avait bien sûr vécu le bluesman. Malgré sa modestie, il contenait toute la collection de pièces relatives à la vie et la carrière de John Hurt, tout en symbolisant en quelque sorte la « maison-témoin » d’une région alors exclusivement occupée par des Afro-Américains, car Avalon fut en effet une all-Black town. Je ne reviendrai pas aujourd’hui sur la carrière de Mississippi John Hurt, débutée en 1928 avec l’enregistrement de douze chansons (désormais au « panthéon » du blues), suivi d’une longue éclipse et d’une redécouverte dans les années 1960 qui en feront une des figures centrales du Blues Revival. Car il est bien difficile de s’y faire : hormis ses disques et sans faire injure à ses descendants, il ne reste désormais aucun témoignage du parcours artistique de John Hurt, sinon, comme le rappelle sa petite-fille Mary Frances Hurt, évidemment dévastée par l’incendie, la vieille église du coin… Franchement, Mississippi John Hurt ne méritait pas ça.

© : Timothy Ivy / Smithsonian Magazine.

 

© : Timothy Ivy / Smithsonian Magazine.