Article « Les temps du blues » – 8 avril 2019

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Au programme de mon émission sur YouTube, Lil’ Ed Williams (rubrique « Un blues, un jour »), et la Welch Ledbetter Connection (rubrique « Top of blues »).

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© : Peter Amft / AllMusic

Le 8 avril 1955 est la date de naissance de Lil’ Ed Williams, dont on peut dire sans grand risque de se tromper qu’il fait partie des meilleurs bluesmen en activité, et pas seulement à Chicago. C’est en outre un personnage adorable et sans prétention qui vit par sa musique et son envie de partager et de communiquer. Spécialiste de la guitare slide et chanteur puissant doté d’une voix très grave, ce neveu de J.B. Hutto est le digne héritier de son oncle mais aussi d’Elmore James et de Hound Dog Taylor. Comme ce dernier, faire de la musique et en l’occurrence du blues consiste avant tout à s’amuser. Ed Williams et son demi-frère James « Pookie » Young (qui deviendra son bassiste) fourbissent leurs armes avec leur oncle, et forment un premier groupe au milieu des années 1970. Ils s’appellent rapidement The Blues Imperials et comprennent également Dave Weld, autre adepte de la slide qui fera ensuite carrière au sein d’une formation au nom proche, The Imperial Flames.

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© : IMDb

Williamspoursuit sa route qui passe parmi les clubs quelquefois scabreux du West Side, mais, comme il me l’expliquait en 2015, il fallait passer par là pour se faire une place…Il faut dire que rien ne semble compliqué avec Lil’ Ed. Il n’est pas venu du Sud profond pour s’installer à Chicago, il y est né. Il n’est pas passé par différents groupes, il joue avec les mêmes musiciens depuis plus de 30 ans. Il n’a pas multiplié les labels, et avec son groupe il a enregistré tous ses albums pour Alligator… Hormis, il importe de le préciser, deux excellents disques pour Earwig, sans ses fidèles Blues Imperials mais avec Dave Weld pour le premier, « Lil Ed and Dave Weld with the The Imperial Flames » (1996), puis Willie Kent pour le second, « Who’s Been Talking » (1998).

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© : Boom Boom Productions

Sa musique elle-même apparaît répétitive : basée sur un canevas simple, elle alterne les blues lents tendus et chauds comme la braise avec les shuffles et les boogies dévastateurs, mais c’est justement ce qui la rend aussi excitante. Ses shows sont à l’image d’un personnage qui va droit au but, un peu comme un train lancé à pleine vitesse, c’est sans concession ni prétention, intense et même presque brutal. On en ressort souvent lessivé mais on en redemande toujours. Lil’ Ed est très apprécié car pour ses neuf albums, il a été nominé quinze fois aux Blues Music Awards et il en gagné deux… Ses disques chez Alligator sont de très bon niveau, mes préférés étant « Chicken, Gravy Biscuits » (1989), par lequel je l’ai découvert, « Get Wild » (1999), « Rattleshake » (2006), « Full Tilt » (2008) et « The Big Sound of Lil’ Ed and the Blues Imperials » (2016). Dans mon émission, je vous propose de l’écouter sur scène en 2015 avec Icicles in My Meatloaf.

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© : Tim Holek / Blues Art Studio Journal

 

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© : Blues Rock Review

Pour « Top of Blues », c’est devenu une habitude, je continue de passer en revue les nominés des prochains Blues Music Awards qui seront remis le 9 mai à Memphis. Après l’album de l’année avec Nick Moss et Dennis Gruenling le 21 janvier 2019, puis l’album acoustique de l’année avec Dom Flemons le 11 mars 2019, je vous propose de nous arrêter sur la catégorie du groupe de l’année. Les nominés sont : Anthony Geraci & The Boston Blues All-Stars, Larkin Poe, Lil’ Ed & the Blues Imperials, Nick Moss Band et la Welch Ledbetter Connection. Lil’ Ed, dont je viens justement de parler en première partie, encore nominé… Ce ne sont que d’excellentes formations, mais pour ce qui me concerne, je n’ai pas hésité une seconde pour choisir un de ces groupes.

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© : Peter Dervin / Welch Ledbetter Connection

J’ai pris la Welch Ledbetter Connection, composée des deux chanteurs-guitaristes « Monster » Mike Welch et Mike Ledbetter, sachant que Welch se concentre plus sur la guitare et Ledbetter sur le chant. Après une prestation mémorable au festival de Chicago en hommage à Otis Rush, ils ont d’abord sorti ensemble l’album « Right Place, Right Time » (Delta Groove), pour moi un des disques de l’année 2017. Ils ont alors décidé de poursuivre l’aventure ensemble avec des tournées et d’autres projets à venir. Malheureusement, vous savez certainement que Mike Ledbetter nous a brutalement quittés en janvier dernier, à 33 ans (lire mon hommage sur le site de Soul Bag). Welch est un des meilleurs guitaristes en activité, connu pour sa collaboration avec Sugar Ray and the Bluetones, alors que Ledbetter, un ancien du groupe de Nick Moss, s’imposait parmi les grands chanteurs soul blues de notre époque. Dans mon émission, retrouvez-les en public en 2018 au New England Blues Summit avec Kay Marie, une merveille…

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© : Welch Ledbetter Connection

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